Quitter YouTube pour comprendre la viralité
Je fais quelque chose d'étrange depuis quelques semaines...
J’étais dans l’avion il y a quelques semaines de ça.
Un long trajet en vol long-courrier qui m’a amené à m’intéresser au petit écran qui me fixait depuis le siège devant moi.
C’est dans ce contexte que j’ai décidé de me replonger dans une saga que j’avais laissée de côté depuis longtemps : Star Wars.
Et je me suis alors demandé comment une oeuvre pareille avait pu devenir aussi mythique et créer l’une des fictions les plus célèbres (et rentables) du monde.
Puis ça m’a ramené vers plein d’autres oeuvres :
→ la Bible
→ Harry Potter
→ 1984 ou les Pensées pour moi-même…
Des œuvres radicalement différentes.
Des époques différentes.
Des auteurs différents.
Et pourtant, elles ont toutes réussi un réel exploit : captiver l’attention de millions, parfois de milliards de personnes.
Problématique qui m’intéresse moi-même beaucoup avec YouTube.
C’est dans ce cadre que je me suis demandé :
”Qu’est-ce que ces oeuvres en ont commun ?”
Pourquoi certaines idées traversent-elles les générations quand d’autres disparaissent en quelques jours ?
Pourquoi certaines histoires deviennent-elles universelles ?
En cherchant la réponse, je suis retombé sur un livre que je considère comme l’un des meilleurs ouvrages de marketing jamais écrits : Made To Stick.
Les auteurs y expliquent pourquoi certaines idées restent gravées dans nos esprits alors que d’autres sont oubliées peu après les avoir entendues.
Ils ont identifié six caractéristiques communes aux idées mémorables.
Et plus je les étudie, plus je suis convaincu qu’elles s’appliquent parfaitement à YouTube.
La première, c’est la simplicité.
Les idées les plus puissantes sont souvent les plus faciles à comprendre.
Quand George Lucas résume Star Wars comme le combat d’un jeune héros contre un empire maléfique, tout le monde comprend immédiatement l’enjeu.
Sur YouTube, c’est pareil.
Plus votre idée nécessite d’explications, plus elle perd de sa force.
La deuxième, c’est l’inattendu.
Les humains adorent les contradictions, les surprises et les paradoxes.
Un sorcier qui vit sous un escalier.
Un futur où la vérité n’existe plus.
Un berger qui devient roi.
Ces idées attirent notre attention parce qu’elles cassent nos attentes.
Elles créent un ensemble d’éléments qui ne devraient pas coexister.
Vient ensuite le concret.
Les grandes idées ne restent jamais abstraites.
Elles prennent une forme que l’on peut visualiser.
On se souvient plus facilement d’une image que d’un concept.
Exemple parfait : la caverne de Platon - pour expliquer des concepts complexes.
La 4ème caractéristique, c’est la crédibilité.
Une idée peut être nouvelle, surprenante ou ambitieuse.
Mais elle doit rester suffisamment plausible pour que nous acceptions d’y croire.
Sinon, ça ne tient pas.
L’avant dernier-élément, c’est l’émotion.
La peur.
L’espoir.
L’injustice.
L’amour.
La vengeance.
Les histoires qui marquent sont rarement neutres.
Elles nous font toujours ressentir quelque chose de fort, et/ou nous engagent dans une cause, un projet qui nous tient à coeur.
Et enfin, la sixième caractéristique - et probablement la plus importante : l’histoire.
Depuis des milliers d’années, les humains apprennent, transmettent et mémorisent à travers des récits.
Nous sommes littéralement programmés pour les écouter.
Les utiliser est donc un levier non-négligeable en tant que créateur.
Quand je regarde certaines vidéos YouTube aujourd’hui, je remarque souvent qu’elles essaient d’optimiser les mauvaises choses :
→ le montage
→ les transitions
→ les sous-titres, etc.
Désolé… mais ça n’a quasiment AUCUN impact sur le potentiel viral.
Le problème se situe souvent beaucoup plus en amont.
Dans l’idée elle-même.
D’où l’importance de se replonger dans de vieux classiques et de TOUJOURS revenir aux fondamentaux.
C’était Blas, pour te servir.
À lundi prochain.




